J'ai voulu me rendre compte par moi même, que dès qu'on met une robe/jupe, qu'on se "fait jolie", on se fait directement beaucoup plus emmerdé par les connards et des commentaires gravelleux.

Je n'ai pas été déçue, (surtout à 1h30/ 2h du matin), vêtue d'une courte mini robe , de bas rayés, quelque bijoux, un gilet, un peu maquillée (oui il fait très bon à cette saison et oui on trouve des trucs incroyable dans mon armoire en fouillant bien).

Je me suis plus fait interpellé que quand je suis habillée en mode pantalon, tee shirt et gilet pour la même tranche horaire (même habillée en mode normal je me fait emmerdé par des cons qui n'ont pas compris que la nuit et l'espace public appartiens à tous et à toutES).
Entre les "tu es jolie" (mais qu'est ça peut te faire du con?), les "t'es bonne" (va te faire foutre), "t'as pas froid?" (non, et t'inquiète pas pour moi va), il  apparait à travers cette simple expérience (que je retenterais avec plusieurs variantes, et si je trouve des cobayes volontaires) qu'une femme ne peux pas si elle veux la paix sortir comme vêtue comme elle le souhaite, au horaire qu'elle veux, elle doit s'obliger pour avoir la paix à avoir un comportement adéquate: baisser les yeux, être vêtue "correctement" ne pas sortir après 22/23h... J'ai remarqué qu'il y' avais environ 20/30% de femmes et le reste d'homme (personne de moins de 16ans, aucun "vieillard", pas mal de jeune 16-30ans et quelque adulte d'âge mur (40-50ans)), dès qu'on est une femme dehors à partir de certaine heure on devient de la viande qu'on peux admirer, juger, jauger, commenter, apprécier,... me réduisant en écoutant les commentaires des mâles hétéros comme il faut (à peine bourré pour être franche, mais ça n'excuse rien au contraire) sans être franchement discret à un objet sexuel qui passerait QUE pour leur plaisir des yeux.
Mais j'ai le droit d'être vêtue comme j'ai envie, de me maquillée, de me faire belle, c'est pas pour eux que je le fait, c'est pour moi, parce que j'ai envie d'être habillée comme ça, que je me sens bien comme ci, que telle matière est agréable, etc...

D'ailleurs c'est toujours les femmes qu'on dévisage et qu'on juge, jamais je n'ai vu de groupe de femmes se permettant de commenter tout les corps possédant un pénis qui passent, comme on commenterais des tableaux dans un musée.

Je ne devrais pas entendre ces commentaires désobligeants, je ne devrais pas être dévisagée de cette façon lubrique et révoltante, je ne devrais pas recevoir de commentaire macho et paternaliste, juste parce que je porte une robe courte, mais ça m'a permis d'entrevoir à quelle point l'égalité entre les sexes et un mythe qui s'effrite et perd son sens dès qu'on gratte à la surface, les femmes sont toujours réduits au rang de choses insignifiantes qui  n'existeraient que pour satisfaire le plaisir et le besoin de ces messieurs. Comme si nous n'avions pas d'existence propre, comme si nous vivions pour eux et pas pour nous.

Selon certain macho/masculiniste; qui tente de justifier qu'on soit réduite à de la chair fraiche possédant un vagin et au rang d'objet sexuel dans beaucoup de magasine et de pub bien comme il le faut; l'homme serait par nature un prédateur sexuel, je n'en croit pas un mot, ça s'apprend et ça s'éduque l'inégalité dès le plus jeune âge, on n'élève pas de la même manière une enfant selon son sexe, si on est une fille on nous érige la beauté au rang de vertu.
Dois je aussi rappeler que notre société capitaliste spéciste, un poil raciste est toujours machiste?
Et pour montrer qu'on est un vrai mâle, avec les attributs physiques qui vont avec, il faut montrer qu'on est au dessus des femmes en les réduisant au rang d inférieure, de vagin sur patte. En se permettant de commenter les femmes qui passent ils nous remettent toutes au rang de choses jolies à regarder. Et pas en tant qu'individu possédant des qualités, une intelligence, de la culture, un humour propre à chacune d'entre nous.
On n'apprends pas aux enfants que les femmes ont droit au respect, et jamais on ne le dit ou le répète suffisamment fort pour être entendu.

Ce n'est pas parce qu'une femme est en robe/jupe que c'est un signal pour dire "baisez moi", ou "jugez moi" "commentez moi".
Madeleine Pelletier (une des premières à poser des questions sur le genre) disait déjà au XIX éme que le droit aux froufrous et la parure accordé aux femmes était au fond un luxe inégalitaire qu'on donnais aux femmes.

Je me rends compte à travers cette expérience, que je ne me rendais pas compte à quel point c'est toujours d'actualité en 2011 en France pays dit civilisé et des droits de l'homme (pas de la femme bien sur, avec seulement 2% des violeurs qui sont jugés coupables, avec une femme qui meurt sous les coups de son conjoint/ex-conjoint tout les deux/trois jours, avec une femme violée à peu près toutes sept minutes, avec les inégalités salariales, avec la majorité des emplois précaires qui sont effectuées par des femmes, avec les inégalités domestiques (80% des taches effectués par bobonne, la boniche qui lave gratis), avec les discriminations à l'embauche, les blagues sexiste tellement drôles que si tu ris pas t'es qu'une sale aigrie qui n'a pas d'humour, avec l'affichage public et quotidien de femme quasiment à walpé et dans des positions équivoques... tout ça bon euh avec ça je ne vais pas m'excuser d'être aussi virulente et méchante).

Bon il y'a tellement de chose à dire sur le sujet de la robe et du pantalon; des pressions sociales qu'on a quand on est jeune (si tu mets une jupe t'es une salope qui suce... donc du coup pour pas te faire emmerder si t'es une fille tu préfères te mettre en survet informe et jean unisexe que de mettre ta robe pourtant assez "sâge" que tu aimes beaucoup), la dichotimie putain et vierge effarouché (pour les jeunettes), ou maman-putain (pour les plus de trente ans), l'interdiction plus ou moins formel pour les mecs de se faire beau (à moins de vouloir passer pour un pd pas viril que c'est pas bien du tout), l'interdiction informelle de transgresser le genre attribué à notre sexe... que j'en ai au moins jusqu'à 5heures du mat là si je me lance à fond dans le sujet  je continuerais un autre jour (si je veux d'abord).